Bref, je suis allée chez le coiffeur ?

 

Ca faisait un an que je n’étais pas allée chez le coiffeur.

Si j’avais des cheveux géniaux cette information aurait été inutile. Mais elle en prend tout son sens lorsque l’on sait qu’ils sont affreux. Crépus, frisés, secs, volumineux, fins et cassant. Superbe cocktail, si, si, croyez moi.

Chaque matin au moment de la coiffure, se regarder 5 minutes dans le miroir en pensant : “tu n’y arriveras pas.”; essayer, puis constater qu’en effet, je n’y arrive pas (= cheveux indisciplinés, méchants); les maudire de me faire ça alors que je suis de plus en retard; être exaspérée, désespérée; finalement, abandonner en se disant “de toute façon je finirai par vous raser.” Un vrai bonheur… ^^”

Je suis donc allée chez le coiffeur. (Danie, étape 1.)

Pour moi cela revient à m’infliger une double torture : physique et financière.

En aucun cas je n’associe les mots “coiffeur”, “détente” / “plaisir” /… Est-ce seulement possible de le faire ?

J’ai pris rendez-vous dans le salon où j’ai l’habitude d’aller, avec une coiffeuse différente.

Mauvaise idée.

Je savais qu’en prenant mon rendez-vous elle avait tenté d’évaluer à l’œil l’étendue des dégâts et la longueur de mes cheveux. Malheureusement pour elle, j’avais tellement bien ficelé le truc que sa pseudo tentative d’évaluation s’est révélée infructueuse.

Il s’agissait d’opérer une chirurgie réparatrice du cheveu un défrisage. Le défrisage est en gros, une pratique barbare visant à briser de manière artificielle l’organisation des molécules de kératine; l’objectif visé étant de travestir la structure du cheveu pour lui donner une nouvelle texture : plus lisse, propice au coiffage. Petit souci le défrisage fragilise le cheveu, l’abîme la plupart du temps et endommage le cuir chevelu. Le défrisage EST une pratique barbare ! qui sur le court terme rend les cheveux crépus, beaux  et qui sur le long terme les détruits.

Je fais des défrisages une fois par an en me disant que j’ai tort, mais je suis incapable de faire autrement : coupe afro je ne sais pas faire, tresses je ne sais pas faire, cheveux au naturel… Je ne sais plus faire (je rêve de trouver le remède miracle pour composer avec !!).

A côté de ça, les colorations, les permanentes, les mèches, les lissages, les tissages et à peu près tout ce que l’on fait chez le coiffeur (hormis les coupes et les soins) constituent des agressions envers la fibre capillaire. Je le précise.

Pom, pom, pom…

…Me revient en mémoire le premier cours de littérature africaine auquel j’ai eu droit. Le professeur, la professeure (que c’est moche !) évoquait le traumatisme de la colonisation et de l’esclavage sur les populations à peaux noires conduisant ces dernières à se renier – d’une certaine manière, à ne plus s’accepter telles qu’elles étaient/sont et à vouloir ressembler le plus possible aux occidentaux. Pour illustrer son propos elle avait parlé des jeunes filles/femmes aux cheveux crépus qui défrisaient leurs cheveux pour avoir des cheveux lisses et ainsi, ressembler aux femmes de type caucasien. Tout était une question de regard : regard des autres sur ces femmes, regard qu’elles portaient sur elles-mêmes. Tout ça à cause d’une blessure initiale.

Yes, je ne dis pas non, belle théorie, la société nous impose ses canons, notre milieu social nous impose ses canons. Cependant, je ne pouvais pas m’empêcher de penser lorsqu’elle parlait : “Je te souhaite d’avoir des cheveux crépus et de ne pas savoir quoi en faire rien qu’un jour ô toi qui a des cheveux lisses faciles à coiffer, et je verrais si tu n’envisages pas le défrisage ou autre, juste pour te simplifier la vie.”

Peut-être que j’accepte/ais (?) mal l’idée d’être une frustrée du cheveu. Mais bon, dans l’absolu la chevelure féminine idéale pour moi c’est la coupe afro façon Ayo. Alors, suis-je réellement une victime de la mode ?  Me fais-je défriser les cheveux à cause d’une non-acceptation de ma condition capillaire ?

[…]

Revenons à mon histoire de défrisage… Celle d’il y a quelques jours.

La coiffeuse, avant d’appliquer la crème défrisante brûlante dangereuse affreuse, a regardé mes cheveux en me demandant d’une manière très gentille, “comment tu as fait pour tenir un an comme ça ?” … Mais lol ! super sympa comme remarque (à partir de là je me suis mise à penser ce post). Ben j’ai fait, quoi ! Non mais… –__-“ Exemple de pression exercée par la société, ça !

“- On coupe ? Là… Y’a vraiment besoin d’une coupe. (Oui cas désespéré. J’ai compris.)

– Euh là, non. Ca me ferait payer en plus.” (franchise quand tu me tiens.)

Pom, pom, donc, après avoir constaté l’état général de mon environnement capillaire, elle a appliqué cette foutue crème. Pendant son application, les codes régissant la profession de coiffeur l’implique – je pense (elles le disent toutes, de la même manière), elle m’a demandé régulièrement : “ça va ? ça ne pique pas ? ça ne brûle pas ?” 

“Ben si au niveau du cou et des oreilles, ça pique un peu.” (J’aurais du dire “ça brûle.” parce que ça brûlait)… Bien évidemment que ça brûle, c’est fait pour brûler  toutes les parties de la peau que ça touche hormis le cuir chevelu grâce à l’action des cheveux sales (le produit se fixe aux saletés des cheveux), c’est bien pour ça qu’elle porte des gants, elle, pendant la manipulation. C’est dangereux. Le truc c’est qu’elle le sait, moi aussi…

Malgré une tentative de nettoyage des parties de ma peau touchées par le produit et malgré la dose infime de Biafine appliquée sur les zones concernées, j’ai eu un bout du cou et les extrémités des oreilles brûlés. Youpiiiiiiiiiii ! Et tout ça sans un cri, sans une complainte.

Mon calvaire n’était pas fini.

“Nous” sommes passées au rinçage (je ne sentais plus mon cou… Super confortable le “bac” !!), puis au brushing. Et là, en pleine action, je la sens qui s’agrippe à mes cheveux : elle avait mis du pshiit, pshiit dans mes cheveux. Elle a glissé en marchant dessus. Heureusement, MES cheveux étaient là pour qu’elle puisse s’accrocher. Hahaha !

Juste avant de terminer le brushing, elle a eu cette question que me pose toutes les coiffeuses et qui me laisse à chaque fois dubitative…

“- Le mouvement, je le fais de quel côté ?”

???!

Le mouvement je le fais de quel côté ? Enorme cette question pour moi.

– Ben euh je sais pas, comme vous le sentez… *Pas de réaction* Bon ben…. A… à… à gauche ??!

– Très bien, à gauche alors. “

Youhou~~~ !! Bonne réponse !!

Passé au paiement, ça a été moins affreux que je ne le pensais. Ouf, c’est déjà ça !!

Je ne déteste pas cette coiffeuse, elle m’est sympathique. J’ai beaucoup aimé le fait qu’elle n’essaie pas de me faire la conversation (je n’aime pas ça), qu’elle critique ouvertement “ma” coiffeuse “attitrée” avec sa collègue (elle devait avoir ses raisons). J’ai aussi beaucoup aimé sa tête quand “ma” coiffeuse m’a dit avec un grand sourire : “au-revoir Jennifer, à bientôt.” (Elle a du comprendre sa petite gaffe.)

L’After.

Avoir des cheveux présentables ça change la vie et vrai de vrai le regard que les autres posent sur vous.

Exemple : En déambulant dans la galerie d’une grande surface avec une amie j’ai rencontré une dame intervenant sur mon lieu de travail (qui a très souvent besoin de mes services). Réaction de cette dernière en me voyant :

“- Oh mais j’ai failli ne pas te reconnaître !! Tu es bien coiffée aujourd’hui.”

… –______-“ Je SAIS que mes cheveux étaient dans un état déplorable mais la bienséance veut que les gens ne le soulignent pas non ? Mes proches peuvent le faire, mais les autres…

Autre exemple : Sur mon lieu de travail. V. ne m’ayant pas vue à mon arrivée, vient à ma rencontre alors qu’elle a besoin de moi :

“- Oo~~~h mais tu es ravissante comme ça ! Cette robe te va très bien !”

Merci. Mais je l’ai déjà mise l’an passé. ^^” Je n’étais pas ravissante à l’époque ?

Toujours V. plus tard dans la journée…

“- Tes boucles d’oreilles sont jolies !”

Merci. Je suis d’accord, Chloé a du goût. Mais je les mets très souvent celles-là…..

=.=” … J’ai fait un défrisage, j’ai souffert le martyre, je risque de devenir chauve un jour si je ne me rase pas les cheveux avant, mais je suis plus “jolie” !  >.<” Youpi !

Bref, je peux dire que je suis allée chez le coiffeur… ?

me2

Sur ce, narvu, ou pas… ^.~

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6 réflexions sur “Bref, je suis allée chez le coiffeur ?

  1. Le coiffure = Torture ! Je plussoie, surtout l’instant « Bac », j’ai mal au cou rien que d’y penser. Après le brushing où tu te fais brûler par le souffle chaud mais ils s’en foutent et tu te dis « j’aurais de jolis cheveux.. j’aurais.. j’ai intérêt à en avoir de jolis »… Et après tu pleures intérieurement. Je compatis =) Joli article !

    • Oh ben moi je sentais plus l’effet brushing, mais c’est exactement ça !!! C’est ça tu as mal mais tu ne te plains pas en te disant que c’est pour la beauté de tes cheveux. xD
      Merci Zou ♥ !!!!!!

  2. Je suis aussi allé chez le coiffeur…
    Samedi dernier, enrhumé, je suis parti à la pharmacie d’un centre commercial dans lequel il y a un salon de coiffure franchisé. J’y suis entré. Accueilli par un italien, shampouiné par une blonde, raccourci par une brune (vive les franchises +.+). Je trouvais ça long et un peu pénible. Pour passer le temps, j’ai regarder le traitement affligé aux clientes. Quelle torture ><. Je me rends compte que pour la population féminine, cela est horrible. Courage à vous!
    Bref, je suis toujours enrhumé.

    • Eh ben c’était folklorique aussi de ton côté. 🙂
      Moi c’était dans un centre commercial, en face d’une pharmacie dans un salon également franchisé. ^.~
      Merci~~ ! 🙂
      Et plus important, soigne-toi bien surtout !!

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