Divagations.

Je me suis longtemps demandée si j’allais poster ce billet… On dirait que j’ai fumé la moquette avant d’écrire. Bref, ce ne sera peut-être pas clair pour tout le monde, mais comme dit un ami à moi “ceux qui doivent comprendre, le feront.”

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23h20.

Et j’ai rallumé mon ordinateur. Il faut que j’essaie de rattraper toutes ces sphères de pensée qui, légères, s’éloignent. Elles s’éloignent, maintenant que mon esprit, après me les avoir pourtant soufflé, tente vainement de les récupérer.

Il est déjà trop tard. Les bulles se sont évaporées. Je conserve en moi une trace de leur passage. Mais celle-ci disparaitra bientôt sous l’œuvre du temps. 

C’est la raison pour laquelle je ne suis jamais satisfaite de mes écrits, parce que je n’arrive jamais à garder ma pensée intacte. Et lorsque je veux en rembobiner le film, celui-ci s’altère. C’est comme si à l’Instant (je l’appellerai ainsi) où la Pensée était produite, elle était protégée par une enveloppe, laquelle se trouvait immédiatement détériorée par l’usage d’un “artifice mental” comme le souvenir.

Moi qui ne suis que moi, j’ai la prétention de qualifier le souvenir “d’artifice mental”… Je m’expose au lynchage verbal et intellectuel, se faisant. J’en suis consciente, mais qu’importe. La pensée que j’essaie de retranscrire part de l’idée que tout acte abstrait ou concret est compris dans l’unité temporelle que je choisis de nommer Instant. L’Instant tel que je le conçois est plénitude et unique. Une existence compte une infinie quantité d’Instants, qui se superposent pour former un moment, un jour, une année, une vie. Cependant, chacun d’eux est Un et ne peut, en conséquence, se trouver dupliqué. Même par l’appel au souvenir (puisque c’est mon propos). Ce sera au mieux une copie, un simili, un autre Instant, mais en aucun cas L’Instant que l’on désire.

J’ai longtemps essayé de recréer grâce à ma pensée, mes souvenirs, le dernier Instant que j’ai passé avec ma grand-mère, par exemple. J’y suis arrivée plus ou moins, mais mon souvenir étant incomplet, je l’ai comblé en faisant appel à mon imagination. De fait, par l’intervention de l’imaginaire, j’ai travesti mon souvenir. Et je crois que tous les souvenirs procèdent comme cela. Je me permets donc, sans pour autant remettre en cause, la valeur, la vérité, ni la réalité du souvenir, d’en parler comme d’un “artifice mental”.

Ce que je dis n’a rien d’original. Beaucoup l’ont déjà formulé bien mieux. Mais j’ai ce besoin sans cesse, de justifier tout ce que je dis, tout ce que j’écris, tout ce que je fais. C’est grave, docteur ?

Pourtant, alors que toutes les bulles de ma pensée originelle (je fais référence à ce dont je voulais traiter dans cet article) se sont envolées, je conserve le fil directeur de celle-ci (l’esprit humain est d’une simplicité…) et je vais quand même faire mon possible pour en rendre une copie à peu près correcte.

17h42, le lendemain. Sommeil – 1 / Moi – 0 

Mes “bulles de pensée” ne sont plus qu’un souvenir…Clignement d'œil

Entre temps, le sommeil, le réveil, les activités diurnes qui sont miennes. La mise en marche de mon ordinateur, deux heures a écouté de la musique, puis le retour à l’écriture… Non.  Je n’arrive pas à m’y mettre.

15H03, 3 jours après. On the night like this de David Barnes, est prise dans une boucle que je souhaite, là tout de suite, infinie.

Je me suis relue et j’ai l’impression de m’être shootée pour écrire ce qui précède. Haha ! Qui sait… ?

Je me souviens que je voulais parler des frontières, comme dans le mot FRONTIERville (arg, geek !)… des barrières invisibles qui appartiennent à chacun et qui peuvent nous limiter, nous structurer, nous déstabiliser, nous protéger et même parfois, nous détruire.

Le réel, le virtuel, l’imaginaire, le rêve, le bien, le mal, la vie, la mort, la morale… et leurs limites respectives, sont des notions discutables et propres à chaque être humain (malgré la part accordée au conditionnement du à son éducation, son milieu social, …, *il y a du Bourdieu dans l’idée xD*).

Dépasser les dichotomies, redessiner sans cesse les frontières qui sont les nôtres, c’est parfois difficile, mais je pense que c’est nécessaire pour avancer…. Amen ?

Sur ce, narvu, ou pas ^.~

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4 réflexions sur “Divagations.

  1. J’ai eu l’impression en lisant ton post de lire un essai d’un littéraire, le genre hermétique que je dois transpercer pour comprendre ma propre existence et pour survivre ptdr !!
    Tu as cette façon d’écrire, comme une intellectuelle, c’est comme pour Phoebe dans Friends enrhumée, toi t’es naturellement shootée ptdr !
    Mais je pense avoir compris, ça m’arrive aussi, devant ma page blanche, j’essaie de retranscrire un souvenir, et plus j’essaie de me rappeler plus il s’efface, comme ce papier qui se désintègre dès que tu le touches. Je suis assez d’accord avec ton expression « artifice mental ». =)
    C’est toujours très intéressant de te lire, bisous ma Nie !

    • LOOL !! Non mais moi j’ai vraiment l’impression de m’être droguée, mais comme tu dis c’est effet naturel ^.^… En tout cas merci beaucoup parce que « essai littéraire », « genre hermétique », c’est juste ouah ! 🙂
      Rooooooooooooooooh je savais que TU comprendrais. ^.^ De toute manière – je ne veux vexer personne, mais c’est un fait – quand j’écris et je poste, je sais que tu liras, tu es ma lectrice idéale.(^__^)
      Merci !
      Bisous ma Zou !

  2. Cela me rappelle une discussion sur les romans autobiographiques que l’on avait en cours de français en 5e…
    Il est vrai que retranscrire « mot pour mot » un souvenir, une pensée est délicat. Puisqu’il faut l’admettre, nous les pervertissons! Tantôt nous les enjolivons, et à d’autres moments nous les saccageons pour les rendre plus supportable, plus heureux. Faire part de ses pensées immédiatement étant difficile, ne parlons pas de ceux de la veille, ou d’il y a quinze jours!

    • Oh non désolée, je n’ai pas répondu à ton commentaire ! J’ai un petit peu délaissé mon blog *honte*… C’est exactement ce que je pense on se pervertit ! ^^ Merci, merci de le commenter en tout cas. 🙂

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