Maloy’azz

 

“J’ai ma place de concert !!” \o/

19h30, arrivée devant la salle Vladimir Canter située sur le campus nord de l’Université de la Réunion. Début du concert prévu pour 20h00. Il fait noir, l’endroit est très peu éclairé. La “place de la salle” (lieu où les étudiants se posent la journée, généralement pour se retrouver, se restaurer : la cafétéria se situant à proximité, …) est presque déserte : 3 personnes autres que nous.

Une demi-heure avant le début du spectacle, rien ne semble indiquer qu’un évènement musical va avoir lieu. Dans la semi-obscurité dans laquelle l’on est plongés, l’impatience, engendrée par la fatigue de la journée, fait son apparition. 15 minutes plus tard, les lumières de l’accueil, s’allument. Un homme prend place derrière un ordinateur, regarde dans notre direction et ouvre les portes.

Un jeune homme seul puis une femme d’âge moyen, seule elle aussi, se dirigent vers ce qui constitue le guichet. Je suis leur exemple. Le garçon obtient rapidement sa place. Pour la femme, cela prend plus de temps : problème logistique. Sur place, le billet est à 12 euros, contre 10 en prévente. Constatant ce fait et ayant acheté les places par avance, je me prends à éprouver de la satisfaction. Deux femmes, poudrées, clinquantes et bruyantes (!!) me tirent de ma rêverie. J’observe leur manège et écoute leur conversation. “Entend” devrais-je dire, vu les décibels émises.

Après avoir oralement exposé ma situation et donné mon nom, je présente une preuve d’achat ainsi que ma carte d’identité. Gestes inutiles. L’homme derrière son écran, me tend mes places nominatives, sans y prêter attention. Je distribue les billets à qui de droit.

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Entre temps j’assiste à un bel instant, qui me rappelle ce que j’étais venue faire : une maman accompagnée de son fils, auquel je donnerais 4 ans, au téléphone avec son compagnon… “Papa, bisous, bisous ! Je vais voir tonton Fabrice avec maman.”

Je vais voir son oncle chanter, c’est vrai.

20h00, il y a plus de monde à l’extérieur (un petit peu). Les portes s’ouvrent. Nous entrons. Le choix nous fait hésiter : Où allons-nous nous assoir ? Je suggère le milieu. Avoir une vision d’ensemble de la scène et des musiciens : essentiel.

20h06, déception. La salle n’est pas remplie. Son président, un homme avenant, prononce, comme à son habitude, un discours de bienvenue juste et passionné, nous indiquant la programmation à venir et les orientations culturelles voulues qui justifient cette dernière. Son phrasé et son sourire font l’unanimité. Mission réussie pour lui.

20h11, nous attendons le début du concert. Le public (TROP) peu nombreux, se manifeste gentiment afin d’encourager les artistes. Les personnes m’accompagnant s’impatientent. Je deviens anxieuse. Cette sortie n’est pas désintéressée. Un objectif : plaire et convaincre.  Le retard risque de contrarier mes plans.

20h14, les musiciens apparaissent : Jim Célestin au sax, Jérôme Calciné aux percussions (mon chouchou), Jamy Pedro à la basse et “Kilik” Payet à la guitare. Puis Fabrice Legros, auteur/compositeur/interprète/guitariste, fait son apparition : gilet noir en lin, t.shirt blanc, pantalon noir en lin également et pieds nus. Encré à la scène.

20h15, mon GSM, alors en mode silencieux, vibre… “Non !”

Les premiers accords retentissent. La musique s’élève dans la salle et le Temps n’a alors plus d’importance. Il devrait donc, rien qu’un moment, interrompre son inexorable course et se suspendre. Pourquoi ne le fait-il pas ?

Tout ce qui se passe après demeure flou. La même chose se passe chaque fois que j’assiste à un concert. Il y a un trou dans le film de ma mémoire.

La musique. La musique m’a ravie. Bann zartis la Rényon i envoy !

Je ne m’y connais cependant pas assez en musique pour mettre des mots sur ce à quoi j’ai assisté. Toujours est-il que les rythmes m’ont transportés. Le direct donne vie aux chansons qu’a fixé le support CD… Renaissance.

Le mariage maloya (blues réunionnais) / jazz / je ne sais pas quoi, est très intéressant : les mélodies se complètent, se répondent…  Nous parlent.

Ces musiciens sont des bêtes de scène. Ils ont de la magie au bout des doigts. Ils ont plaisir à jouer ensemble et leur plaisir est communicatif.

Il faut dire que Jim Célestin, Kilik Payet et Jérôme Calciné se produisent normalement avec un autre artiste réunionnais d’exception, un jazzman mondialement connu et reconnu, Meddy Gerville, avec lequel ils parcourent le monde.

La “voix en or de L’Océan Indien 2010”, Fabrice Legros, tient son rang.

Les yeux fermés, il vit pleinement ses chansons et prend chaque fois le temps d’expliquer leurs textes ou les histoires associées à celles-ci.

Son créole et son accent chanté, par moment incompréhensibles, participent du voyage musical. C’est beau.

Son invité, son “guest star” comme ils disent, n’est autre que JF Pounoussamy qui l’avait invité quelques mois plutôt à son propre concert au Théâtre en Plein Air de Saint-Gilles. J’y étais.

Les voir de nouveau réunis sur scène pour un duo inédit, un pur bonheur. Peu importe le fait que JF ait une “anti-sèche”, peu importe les approximations dues au manque de répétition… La bonne humeur générale et le talent gomment tout.

[…]

Nous avons le droit à deux rappels.

Nous nous attendions à ce qu’ils jouent lors du concert, “Nénin”, titre de l’album et chanson poignante. Logique…

Or ils en avaient décidé autrement. C’est pourquoi en tant que public averti, nous l’avons réclamés. Malgré notre insistance, ils ne l’ont pas joués. Nous avons eu à la place, un autre titre improvisé en rappel, en plus de sa reprise de Bouzaron de Danyèl Waro, interprétée pour la seconde fois (la 1ere fois, Fabrice Legros nous révélait combien cette chanson était particulière pour lui, car c’est grâce à son oncle, Danyèl, qu’il en est là aujourd’hui).

22h30, fin du concert. Public conquis, debout. Une salve d’applaudissements retentit.

Merci.

Je suis aux anges mais quelque peu frustrée de ne pas avoir entendu “Nénin” (magnifique chanson écrite par Fabrice Legros pour son frère ainé décédé alors qu’il était encore enfant et qu’il n’a  pas connu. Les cordes, dans ce morceau, bouleversent.)

Je respecte néanmoins le choix de l’artiste. N’en parlons plus. Mission réussie. Ils ont adoré. Papa et maman aiment désormais Fabrice Legros.

_________________________________

Ce n’est peut-être pas la meilleure, mais l’image dans ce clip est bien traitée. Et puis, je l’aime bien, moi, cette chanson.

Malizé. Fabrice Legros, extrait de l’album Nénin.

Sur ce, narvu, ou pas… ^.~

  

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2 réflexions sur “Maloy’azz

  1. Joli récit détaillé, c’est comme si on y était et tu en parles avec tellement de passion et tellement bien ^^. Bisous ma Nie, je suis heureuse de te lire ❤

    • Merciiiiiiiii beaucoup, beaucoup !!!! Je suis hyper heureuse que TU aimes !!! =) 😀

      Il fallait que le fasse cet article là, il me tenait à cœur ! 🙂

      *Il y a des ptites fautes mais une fois publié (et vu que j’utilise windows live writer) je ne peux plus modifier l’ensemble sinon la taille des caractères diminue ! ….. Ca m’apprendra à ne pas oublier mes règles de grammaire ! xD*

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